Professionnels de la santé, syndicalistes, élus ou "simples" citoyens, venus de Castelnaudary, Quillan, Limoux, Narbonne ou Lézignan, ils étaient environ 1 300 à manifester, hier en fin de matinée, du portail des Jacobins à la préfecture, pour le maintien des urgences et de l'hélicoptère.
L'Indépendant du 06/04/2003
Je suis venue de Castelnaudary parce que j'ai souvent eu recours aux urgences. Mon fils est malade, et si on perd les urgences la nuit et l'hélico, ça sera dramatique". Cette dame âgée a tenu à participer à la manifestation, comme 800 autres personnes selon la police, 2000 d'après les syndicats.
Au portail des Jacobins, banderoles syndicales et écharpes tricolores se mêlent dans une foule dense. Les professionnels de la santé sont venus en masse, de tout le département. En revanche les "simples" citoyens sont moins nombreux.
Le cortège se lance calmement sur les boulevards. On discute par petits groupes. Chacun y va de son opinion. "Les urgences comme le Smur, c'est 24 h sur 24 ou ce n'est plus les urgences et le Smur ! Il faut que l'ARH -agence régionale d'hospitalisation- le comprenne", s'exclame Mathias Kodjovi, médecin à l'hôpital de Castelnaudary. Sa collègue infirmière Marie-Paule Labitte renchérit : "Si les médecins sont malades, ils ne sont même pas remplacés. Et si en plus les urgences ferment la nuit, déjà qu'il y a un délai d'attente important, s'il faut que les patients aillent à Carcassonne ou à Toulouse, les délais seront encore plus longs".
La foule termine sa marche à la préfecture, où une délégation remet une pétition signée de 56 000 Audois, et 277 délibérations de maires.Le résultat de l'entretien avec le préfet n'est pas pour faire plaisir à la délégation.
Jean-Charles Petit, de l'association Vigilance Santé, conseille aux manifestants de ne pas se réjouir trop vite : "Je crois que le dialogue n'existe pas. Paraît-il que ça fonctionne bien dans l'Aude. Il faudra continuer à lutter. Nous avons un comité qui tient la route" . Bref, cette première manifestation du comité de soutien aux urgences est presque un coup d'épée dans l'eau. Pour trois raisons.
La première est finalement le peu d'Audois présents dans le cortège par rapport à la mobilisation annoncée, par rapport à la manif'des fonctionnaires sur les retraites, jeudi, et par rapport au nombre de signatures de la pétition. Les urgences de Quillan, Castelnaudary, Lézignan, Narbonne, les postes à l'hôpital de Carcassonne et l'hélicoptère sont quand même compromis à plus ou moins long terme.
Secundo, aucun élu de la ville et notamment Raymond Chésa n'ont participé à la manifestation, après l'effet d'annonce de sauvetage, mercredi, de postes aux urgences (lire l'Indépendant de jeudi). Enfin, la rencontre avec le préfet, hier, a tourné au dialogue de sourds. La population audoise doit encore faire entendre sa voix.















