Un choix pour la vie
Don d’organes
Malgré une évolution à la hausse du nombre de donneurs, de nombreux patients attendent chaque année un greffon. D’emblée, levons une possible ambiguïté. Le don d’organes n’a aucun lien avec le don de son corps à la médecine. Le don d’organes est un don pour la vie, et une fois le prélèvement réalisé, le corps est restitué à la famille pour les besoins du rite funéraire.
Léguer son corps à la médecine en revanche, c’est donner l’ensemble de son corps à une faculté de médecine. Le corps, dans ce cas, ne sera pas restitué à la famille. Cette parenthèse faite, revenons au don d’organes. Aujourd’hui, l’heure est à la sensibilisation des Français face à un enjeu de santé publique. Selon une étude relayée par le Gouvernement, 92 % des Français se déclarent en faveur du don d’organes, et 56 % (+6 % par rapport à2006) d’entre eux ont parlé du sujet avec leurs proches. L’agence de la biomédecine confirme ces évolutions, avec une nette hausse du prélèvement et de la greffe d’organes pour 2007 : 4664 greffes ont été réalisées l’année passée, soit+5,3 % de plus qu’en 2006 (rein et foie représentent 85 % des greffes).
Cela dit, ces résultats jugés “encourageants” par l’agence de la biomédecine ne doivent pas masquer une autre réalité : 13 074 personnes ont eu besoin d’une greffe en 2007 et 231 patients sont décédés faute de recevoir un greffon à temps. Il faut savoir que plus de 90 % des organes greffés proviennent de personnes en état de mort encéphalique (arrêt de toute activité cérébrale) à l’hôpital. Or, ce type de décès ne représente qu’1 % de décès à l’hôpital…
En état de mort encéphalique, les grandes fonctions de l’organisme sont maintenues par la circulation sanguine, une assistance ventilatoire et un maintien du corps à température pour une bonne conservation des organes. Tout doit se décider très vite. D’où la nécessité de faire connaître sa position au plus tôt. Si 2500 personnes sont recensées chaque année en état de mort encéphalique, seules 1300 sont prélevées. Un tiers des proches, ignorant la position du défunt sur ce sujet, refusent le prélèvement lorsque la question leur est posée à l’hôpital. Pour pallier à cela, il est essentiel d’exprimer son choix soit en le confiant à l’un de vos proches, soit en portant une carte de donneur. Si vous êtes contre le don d’organes, vous pouvez, outre le fait d’en faire part à vos proches, vous inscrire auprès du Registre national des refus.
Carte de donneur et registre des refus étant disponibles auprès de l’agence de la biomédecine*. La loi, elle, évoque le principe du consentement présumé” ; toute personne est considérée consentante si elle n’a pas manifesté son opposition de son vivant. Entièrement gratuit, le don d’organes est considéré (par la loi) comme «un acte de générosité et de solidarité”.
A noter enfin que l’on peut aussi faire un don d’organes de son vivant.
Crémation et religion
Les courants religieux sont favorables au don d’organes, à l’exception de l’hindouisme et du shintoïsme. Du côté de la crémation, la question est plus complexe. La confession catholique privait de sépulture chrétienne ceux qui désiraient se faire incinérer, ce depuis l’interdit de 1886. Depuis le décret du Saint Office de 1963, la crémation n’est plus interdite, mais disons plutôt «encadrée ».
L’église privilégiant l’ensevelissement du corps. Pour les protestants, cette pratique est reconnue depuis1898. Les orthodoxes y sont, eux, opposés. La religion juive refuse la crémation, tout comme la religion islamique. La religion bouddhiste admet, elle, l’incinération. Enfin, d’autres religions autorisent, pour ne pas dire rendent obligatoires la crémation : l’hindouisme, le jaïnisme ou le sikhisme. * http:// Un choix pour la vie











