La mort : vers la fin d'un tabou ?
D’abord, un postulat : la mort, comme la naissance, font partie intégrante de la vie. La poussée de l’espérance de vie(plus de 80 ans aujourd’hui contre 60 au sortir de la seconde guerre) et son corollaire (la peur de vieillir), les débats de société(tel celui sur l’euthanasie), la baisse d’influence de la religion comme l’explosion de la famille et de ses rites, sont-ils autant de facteurs
qui contribuent à “désacraliser” le sujet. A savoir, la mort n’est-elle plus un sujet tabou ? La réponse n’est pas évidente.
Si le “deuil social” se transforme et tend à se raccourcir, cela ne signifie pas pour autant une plus grande communication, voire acceptation de la mort. Et le fait que l’on n’attende plus le “quatrième âge” pour s’informer, voire épargner en prévision de ses obsèques n’est pas forcément plus éclairant : fin d’un tabou et/ou signe de la peur du lendemain ? Le débat reste ouvert.
Une réalité toutefois : de nouveaux marchés se sont faits jour.
Le fort développement des contrats auprès des sociétés d’assurance en est l’exemple. Les Français sont de plus en plus soucieux d’organiser leur“départ”. Pour des raisons financières, mais pas seulement. Il y a ceux qui, par nature très organisés dans leur quotidien, souhaitent régler les moindres détails du rite funéraire – religieux ou civil. Et puis il y a aussi ceux (parfois les mêmes) qui ne veulent pas que la charge financière incombe à leur(s) proche(s). L’époque où nos grands-parents épargnaient consciencieusement dans un bas de laine est révolue.
Aujourd’hui, les organismes financiers n’hésitent plus à nous solliciter. Le coût des obsèques représentant un budget conséquent(3500 € en moyenne : ils ont doublé depuis 1980), il faut donc désormais épargner pour assurer “l’après”, comme on le ferait pour acquérir une automobile ou un appartement.
Où comment l’évolution des moeurs (d’un cadre culturel judéo-chrétien à un cadre moins“pompeux” avec notamment la montée en puissance de la crémation) permet de décomplexer certains marchés, jugés il y a peu trop funèbres… Le secteur du funéraire compte plus de2500 entreprises rassemblant près de 20 000 salariés. D’un point de vue philosophique, sociologique et économique, la mort reste en tous les cas un sujet éclairant pour interpréter la vie d’une société. Donc, vive la vie !












