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Editions Sud Ouest
Édition du dimanche 11 mai 2008
FAITS DU JOUR
D.R.

Gérard Bénessy fut un des rares survivants du bateau Lamoricière




Le 6 janvier 1942, à 17h, le paquebot Lamoricière, quitte le port d’Alger pour Marseille. Il transporte 120 hommes d’équipage et 262 passagers, dont un grand nombre de femmes et d’enfants de militaires regagnant la métropole. Dans ce bateau, se trouve un jeune homme de 20 ans, Gérard Bénessy, soldat en Afrique du Nord, dans l’armée de l’air. Il met sa permission à profit pour venir voir sa grand-mère paternelle à Perpignan. Dès le départ d’Alger, le temps est mauvais, le vent souffle, les nuages sont épais, la pluie tombe : c’est la Méditerranée en hiver. Comme on est en guerre, les communications radio avec les stations côtières sont interdites; aussi l’incertitude règne-t-elle quant au temps qu’il fera plus loin, une fois passé le détroit de Gibraltar.
Mais qui pensait au pire à ce moment-là ? Sûrement pas Gérard Bénessy, dans l’insouciance de ses 20 ans. Et pourtant, les événements vont montrer à quel point le jeune soldat peut se montrer efficace et responsable dans l’adversité.
Au secours du Jumièges
"Je me souviens qu’au départ d’Alger, on avait dit que les soutes à charbon du Lamoricière fermaient mal. Mais j’ignorais tout des choses de la mer, je ne savais pas si c’était grave ou pas", se souvient Gérard Bénessy. Ce dont il se souvient aussi, c’est du temps qui ne s’arrange pas, de la tempête qui se lève, et du mal de mer qui fait des ravages parmi les passagers. Le paquebot va, tant bien que mal, et accuse déjà 7 heures de retard. Pourtant, le 8 janvier à l’aube, quand la radio répercute l’appel du Jumièges en détresse, le Lamoricière se porte à son secours. Ce sont 4 heures de roulis violent qui frappent la coque sans répit : "Quand on est arrivés sur les lieux où devait se trouver le Jumièges, il avait déjà sombré. Alors le commandant a décidé que nous essayerions de nous rabattre sous Minorque. Mais c’est là que l’eau a commencé à pénétrer dans la soute à charbon. La mer était terriblement démontée, certains disaient qu’il y avait des creux de 12 m", raconte M. Bénessy. Dès lors, va s’engager une lutte acharnée pour sauver bâtiment, équipage et passagers, et tous ceux que le mal de mer a épargnés vont être mis à contribution. Gérard Bénessy parmi les premiers : "Le commandant nous a demandé de vider les cales des cageots de mandarines que l’on transportait. On a commencé par les passer de babord à tribord pour rétablir l’équilibre, car le paquebot penchait. Puis, il a fallu les jeter par dessus bord. Ensuite, nous avons essayé de faire repartir les machines qui avaient pris l’eau, car en ballotant le charbon avait fini d’agrandir les voies d’eau dans les soutes"...

L'article intégral de Josianne Cabanas dans l'Indépendant Catalan de lundi 12 mai 2008
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