Édition du dimanche 11 mai 2008
FAITS DU JOUR
D.R.
A Céret, les petits producteurs défendent aussi la cerise du pays
Il y a cinq ans, des petits et moyens producteurs indépendants se sont regroupés afin de trouver un marché pour leurs cerises. Aujourd'hui, ils sont une soixantaine à produire leurs 20 à 25 tonnes (les bonnes années) de magnifiques fruits.
Hier, ils n'ont pas cueilli car la pluie les en a empêchés. Jusque-là, la pluie, elle fait plutôt du bien, même si elle craquelle quelques fruits. Mais il ne faudrait pas que cela dure, car la cerise pourrirait. Et ce serait bien dommage, car l'année s'annonce bonne. Pas comme l'an dernier, plutôt comme 2006. Jacques Bizern, président du Groupement de producteurs indépendants, et Maurice Bardes, le secrétaire, tendent des mains pleines de belles burlat bien rouges, bien charnues. Ce soir ou demain, elles seront à Perpignan, prêtes à être vendues. De 150 kg à 5 tonnes
Jacques Bizern explique que ce groupement de producteurs indépendants est "la suite logique du marché de gros de la cerise, qui se tenait avant à Céret. Quand le marché a cessé, qu'il n'est plus resté que quelques gros producteurs qui avaient leurs propres expéditeurs, nous avons dû chercher une solution pour écouler nos fruits. Pour beaucoup d'entre nous, le droit d'entrée à la coopérative était trop cher. Alors nous avons pensé à nous regrouper, et aujourd'hui, nous sommes une soixantaine" .
La solution, les producteurs l'ont très vite trouvée, il y a déjà 5 ans : "Nous avons eu la chance de rencontrer Jean-Louis de Noëll, de Fruitech à Saint-Charles. Nous nous sommes entendus avec lui, et depuis nous continuons. Il travaille très sérieusement, on sait qu'on peut lui faire confiance. De cette façon, aucun d'entre nous ne reste sur le bord du chemin", p oursuit Jacques Bizern. Car ce qui caractérise les producteurs indépendants c'est leur disparité, le fait que certains cueillent 150 kg par saison, d'autres 4 à 5 tonnes. "Chez nous, presque personne ne vit exclusivement de la cerise. Il y a ceux qui ont un emploi et qui ont repris les arbres de leurs parents, ou des personnes âgées qui possèdent un tout petit verger et qui ne pourraient pas descendre leurs cagettes à Perpignan, mais à qui la cerise fait un appréciable revenu d'appoint. En nous regroupant, nous fonctionnons très bien, et nous arrivons à produire 20 à 25 tonnes les bonnes années", précisent M. Bizern et M. Bardes.
En attendant la starking
Les producteurs indépendants sont parfaitement organisés. Chaque année, à l'approche de la saison, ils tiennent leur assemblée générale, définissent les objectifs de chacun afin de commander les cagettes nécessaires, et fixent les prix avec M. de Noëll, en fonction du marché. "Chaque soir vers 17 h 30, nous amenons la cueillette dans ce local que nous a prêté la mairie, à l'annexe à la déchetterie, et une heure après Jean-Louis de Noëll vient les chercher. Il y a des soirs où il emporte jusqu'à 10 palettes, c'est-à-dire l'équivalent de 600 kg. Notre atout c'est qu'il vient tous les soirs, on n'a jamais eu de soucis. Et ce sont des fruits tous frais, cueillis du jour", commente Jacques Bizern. Le lendemain matin, ces cerises seront sur le marché de production de Saint-Charles, rutilantes, succulentes.
Hier, dans le verger de Maurice Bardes, les branches étaient chargées de burlat brillantes de pluie, tandis que les starking, encore petites et vertes, attendent pour mûrir le retour du soleil. Entre deux cerisiers, les traces laissées par des sangliers dont on nous expliquera qu'ils sont friands de cerises. Les laies tirent les branches basses jusqu'au sol, et les marcassins, en fins connaisseurs, s'en régalent. La burlat est la première cerise sur le marché, la starking la suit de près. Le mois de mai est celui de la cerise dont les producteurs indépendants de Céret défendent fièrement la renommée.
Josianne Cabanas
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