Édition du samedi 10 mai 2008
FAITS DU JOUR
D.R.
Chasse : tensions internes autour de "dysfonctionnements"
Administrateur au sein de l'ACCA de Narbonne, Bernard Sanchez dénonce certaines pratiques et pointe directement Jean-Claude Llorens, le nouveau président. Celui-ci s'explique, stigmatisant illico une "logique procédurière".
Deux visi ons s'opposent, au sein du conseil d'administration de l'ACCA de Narbonne. D'un côté, Bernard Sanchez, soutenu par David Martinez (président de l'Association de chasse maritime du Narbonnais et démissionnaire de l'ACCA) pointe une série de "dysfonctionnements graves" dont il attribue la responsabilité à Jean-Claude Llorens, l'actuel président.
De l'autre, ledit président répond aux attaques et dénonce une volontaire déformation de la réalité.
Entre chaque camp, la rupture est en tout cas consommée.
Dossier au préfet
"Je n'ai aucune ambition personnelle au sein de l'ACCA", insiste Bernard Sanchez. "Mais nous sommes dans une année élective, et j'estime que tous les chasseurs doivent être informés de ce qui se passe dans la gestion de leur association." Car pour l'intéressé, "plusieurs choses ne vont pas".
A commencer par un bureau qui privilégierait la chasse au sanglier ("20 à 25 chasseurs !") au détriment du petit gibier ("400 adhérents !"). Bernard Sanchez évoque ainsi "des arrangements entre les ACCA de Narbonne et Montredon, des chasseurs de l'une se rendant sur le terrain de l'autre".
Or pareille réciprocité serait "interdite".
Bernard Sanchez s'inquiète aussi du règlement intérieur de l'association. "Des modifications peuvent être apportées chaque année par l'assemblée générale, sur proposition du conseil d'administration. Pour 2007, une seule modification avait été votée. Mais surprise : la nouvelle mouture en présentait de nombreuses ! Qui a fait ça ? Et pourquoi ? "
L'homme s'insurge aussi contre une rémunération dont aurait profité le vice-président de l'ACCA. "Il a été payé à hauteur du SMIC pour des travaux réalisés sur des sites de chasse. Or le statut de l'association stipule que ses fonctions sont gratuites ! C'est le propre du bénévolat !" Bernard Sanchez décrit plusieurs autres points, dont un usage des invitations jugé "abusif", et précise avoir transmis un dossier complet au préfet de l'Aude. "Je dispose de toutes les pièces attestant des problèmes que j'avance", affirme-t-il. "La balle est à présent dans le camp des chasseurs : ou ils se désintéressent, ou ils font en sorte que ça change." "Il n'y a aucun secret !"
Mais pour le président de l'ACCA, la charge de son administrateur tient de la tempête dans un verre d'eau. "Il n'y a aucun secret", s'exclame Jean-Claude Llorens avant de reprendre point par point les "dysfonctionnements" pointés par Bernard Sanchez. La réciprocité ? "Nous sommes en train de mettre en place une association intercommunale (AICA, ndlr) avec Montredon. Et sur l'année écoulée, cinq gars seulement sont allés chasser sur cette commune via le système des invitations. Je ne vois pas où est le problème !" Le règlement intérieur ?
"Une erreur d'inattention", affirme Jean-Claude Llorens.
"Le ministère fait parvenir aux associations de chasse un règlement type, qu'il revient à chacune de personnaliser. Or pour 2007, on a pris par inadvertance la source type sans y apporter les modifications nécessaires ! Si Bernard Sanchez s'en est rendu compte, il aurait mieux fait de nous le signaler plutôt que d'écrire au préfet !"
La rémunération ? "Cette personne a rempli les abreuvoirs, labouré tous les champs et semé à la main. Je me vois mal ne pas le rémunérer, d'autant que ça s'est toujours fait au sein de l'ACCA ! Mon seul tort, c'est de l'avoir payée directement par chèque bancaire et non par chèque emploi." Le président est d'autant plus confiant qu'il serait sorti conforté de sa convocation devant la Direction départementale de l'Agriculture et des Forêts (DDAF). "Les responsables n'ont pointé que des dysfonctionnements mineurs", affirme-t-il.
"Ils ont surtout compris que nous avions hérité d'une personne procédurière, qui interprète à sa façon le code pénal et le code de l'environnement." Mais Bernard Sanchez n'en démord pas. "S'il ne s'agit là que de "dysfonctionnements mineurs", qu'on me dise quels sont les majeurs" , s'exclame-t-il, toujours décidé dans sa démarche.
Mais pour Jean-Claude Llorens, la page est d'ores et déjà tournée : "Bernard Sanchez ayant manqué trois conseils d'administration, nous étions en droit de l'exclure. Ce que nous avons fait, par lettre recommandée." L. O.
Vos réactions
11/05/2008 à 11h38 | nemo
La chasse devient un business ou gravite des truands sans lois, comme on le voit dans le carcassonnais ou un chasseur-truand d'Alairac vient d'etre condamné, en attendant la prochaine condamnation pour actes graves ! La question est de savoir quels gens, ou plutot qu'elles protections politiques protegent ces gens qui detruisent la chasse et la nature !
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