Carcassonne : Un sifflet audois au Stade de France
Son objectif est d’arbitrer un jour la finale de la Coupe Gambardella au Stade de France. En novembre 2003, Romain Zamo n’avait que dix-sept ans lorsqu’il nous avait fait part de ce souhait. Il faut dire que le Carcassonnais avait déjà tout pour réussir. Il venait de recevoir le trophée du meilleur jeune arbitre de la fédération, des mains de Bernard Saules.
"C’est cet arbitre international qui m’avait confié le sifflet pour la toute première fois, en 1996, à Saint-Papoul, raconte Romain. Aujourd’hui, Bernard est président de l’Union nationale des arbitres de football (Unaf) et mon père trésorier adjoint".
Jean-Pierre Zamo, patron des arbitres audois depuis de longues années, a montré la voie à son fils. "Dès l’âge de 4 ans, j’ai pris l’habitude de le suivre sur tous les terrains de l’Aude, se souvient Romain. Mon père ne m’a jamais forcé la main, mais il m’a appuyé quand il a vu que ça me plaisait".
Le petit Carcassonnais a débuté à 13 ans, avant d’être arbitre régional à 15 ans et arbitre fédéral à 17 ans. Un chemin accompli avec le soutien de la famille Zamo. "Mes parents et mes frères me conduisaient à tour de rôle sur les stades…"
"Un match se prépare toute la semaine"
Cette année, il officie chaque week-end sur des matchs de jeunes nationaux et de seniors régionaux. Il vise maintenant l’examen fédéral 5, qui lui permettra d’arbitrer en CFA 2. "Mais je dois encore attendre un an, puisqu’il faut être âgé de 23 ans", explique Romain.
Ensuite, il s’agira de gravir les échelons jusqu’au petit cercle du fédéral 1, qui réunit les arbitres autorisés à officier en ligue 1. "J’essaierai de progresser tous les ans, mais un arbitre ne peut se fixer des objectifs qu’à court terme. On peut se blesser, passer au travers… Pour l’instant, ma priorité est d’emmagasiner de l’expérience, car c’est très important dans ce domaine".
"Arbitrer exige une excellente forme physique, souligne Romain. Je fais deux à trois entraînements par semaine. Ça demande aussi une certaine intelligence. On fait surtout de la gestion humaine. Il y a 22 joueurs, 22 personnalités différentes, et ça change tous les week-ends. Un match se prépare toute la semaine. Il faut savoir où on met les pieds, s’il y a un enjeu particulier, s’il y a des antécédents entre les deux équipes. On gagne beaucoup de matchs avec le relationnel, avant même le début de la rencontre. Mais un match peut se perdre aussi facilement qu’il se gagne. Il faut toujours être vigilant"...














