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Édition du samedi 10 mai 2008
AFP Monde
Un accord entre le chef chiite antiaméricain Moqdata Sadr et le gouvernement irakien est intervenu samedi pour mettre un terme à des combats meurtriers dans le bastion chiite de Bagdad, Sadr City.
Wissam al-Okaili AFP

Irak: annonce d'un accord pour arrêter les combats de Sadr City




Un accord entre le chef chiite antiaméricain Moqdata Sadr et le gouvernement irakien est intervenu samedi pour mettre un terme à des combats meurtriers dans le bastion chiite de Bagdad, Sadr City.

Cet accord, qui doit entrer en vigueur dimanche, intervient alors que des affrontements entre miliciens chiites et soldats américains se sont poursuivis dans ce quartier et ont fait au moins 13 morts depuis vendredi soir.

Le porte-parole du mouvement sadriste à Najaf (centre-sud), Salah al-Obeidi, a indiqué à l'AFP qu'un accord avait été conclu par des émissaires du gouvernement de Nouri al-Maliki et des délégués sadristes.

"L'accord entre en vigueur dimanche. Nous arrêterons les combats et nous retirerons les armes des rues, et les routes qui conduisent à Sadr City seront ouvertes", a indiqué le porte-parole.

La veille, le mouvement du jeune chef radical avait accusé la direction religieuse chiite d'être passive face au "massacre", dans le vaste faubourg du nord-est de Bagdad, qui abrite plus de deux millions d'habitants.

Salah al-Obeidi a ajouté que l'accord ne prévoyait pas la dissolution de la puissante milice du chef radical, l'armée du Mahdi, ni son désarmement.

"L'accord prévoit le droit pour les forces armées et les forces de sécurité de mener des opérations contre les personnes recherchées mais dans le respect des droits de l'Homme", a ajouté Salah al-Obeidi.

Aucun commentaire du gouvernement n'était disponible dans l'immédiat.

Selon des sources au sein des services de sécurité et de santé irakiens, au moins 13 personnes ont été tuées et 77 blessées dans des affrontements depuis vendredi soir.

"Tous les morts sont des hommes", a assuré un médecin de l'hôpital de l'imam Ali, un des trois établissements médicaux de ce quartier, "mais il y a des femmes et des enfants parmi les blessés".

"La nuit dernière a été une des pires de ces dernière semaines", a assuré à l'AFP un habitant du quartier, Hussein Kazem, 35 ans, contacté par téléphone. "Toutes les dix minutes, nous avons entendu des explosions et nous avons entendu des enfants et des femmes pleurer."

L'armée américaine affronte depuis fin mars des combattants de l'armée du Mahdi dans son fief de Sadr City.

Le commandement américain assure qu'il veut éliminer de ce secteur des tireurs de mortiers et de roquettes qui visent régulièrement la +zone verte+, l'enclave fortifiée au coeur de Bagdad qui abrite les institutions irakiennes et l'ambassade des Etats-Unis.

Le mouvement sadriste, très influent dans les milieux populaires, soutient que M. Maliki et les Américains veulent l'éliminer avant des élections cruciales d'octobre.

Ces violences ont fait des centaines de morts, et contraint des milliers d'habitants de la zone des combats à fuir leurs maisons.

Sadr City a été isolé du reste de la capitale irakienne par des barrages de l'armée irakienne qui n'autorisent le passage des véhicule qu'en nombre limité.

Vendredi, le mouvement sadriste a critiqué la passivité de la direction religieuse chiite irakienne face à ce qu'il considère comme "le massacre" de la population de Sadr City.

C'est la première fois qu'il s'en prend directement à la direction religieuse de la plus importante communauté en Irak.

"Nous sommes très étonnés par le silence de Najaf", où siège la plus haute autorité religieuse chiite du pays, le grand ayatollah Ali Sistani, a déclaré l'imam Sattar Battat, à la prière du vendredi.

"Pour nous, la seule explication est que Najaf accepte la poursuite du massacre de Sadr City."

Le gouvernement Maliki, appuyé par les Etats-Unis, exige la dissolution de l'Armée du Mahdi, en assurant que les milices doivent disparaître.

Les sadristes assurent que l'armée et la police irakiennes sont au service de partis chiites rivaux, et qu'en outre les Américains ont financé la naissance de groupes d'autodéfense sunnites, équivalent à des milices.

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