Des mains se tendront-elles enfin entre Narbonne et Béziers ?
En évoquant lors de son étape narbonnaise mercredi , l’éventualité d’une coopération entre Narbonne et Béziers, Georges Frêche a ranimé la flamme d’un concept né en 1997 : le Triangle d’Oc. Pour une "grappe urbaine" déjà relevée en... 1965 !
Le président de la Région Languedoc-Roussillon ne fait jamais un voyage à vide. Sa venue en gare SNCF en milieu de semaine a certes été l’occasion de renouveler son attachement à la réalisation d’une gare TGV en Narbonnais. Mais Georges Frêche a également parlé de coopération souhaitée entre deux villes sportivement rivales : Narbonne et Béziers.
Il a affiché sa ferme intention de soutenir un projet urbain à but économique essentiellement, projet qui pourrait bénéficier de financements européens, via le programme Urban. Soit une enveloppe de 10 millions d’euros ! Deux projets doivent être présentés : un sur Montpellier, l’autre sur Nîmes-Alès. Mais Georges Frêche n’a pas caché qu’un dossier sur Narbonne-Béziers aurait ses faveurs. Une façon directe d’encourager un rapprochement envisagé depuis fort longtemps…
La première étude sur le territoire narbo-biterrois date de 1965. Cette année-là, des étudiants en sciences économiques remettent au sous-préfet de Béziers un rapport qui montre, carte à l’appui, un espace allant de Port-La Nouvelle à Agde, en passant par le Ginestacois et l’arrière-pays biterrois. A la fin des années 80, quelques voix s’élèvent sur le sujet. Il faudra attendre 1997 pour voir un Narbonnais, alors à la Région, proposer la création du Triangle d’Oc : "Il s’agissait à l’origine, raconte l’initiateur, de contrebalancer la tendance à l’expansion naturelle de la région (Sète, Montpellier, Nîmes) par la constitution d’un ensemble urbain économique et social cohérent autour de Narbonne-Béziers".
Complémentarités
La première réunion entre maires du Triangle d’Oc se déroule à Nissan-lez-Ensérune. Cette idée de "rééquilibrage territorial au sein de la région" ne connaîtra hélas pas de concrétisation sensible. Trop en avance sur son temps ? Mentalités trop figées ? "Il manquait aussi une reconnaissance régionale". Toujours est-il que le Triangle d’Oc n’imposera pas son point de vue. Un point de vue qui refleurit en mai 2008 : "Georges Frêche a attendu le moment politique propice pour dire que l’axe d’aménagement Narbonne-Béziers est un point d’équilibre pour la région. Il en va de l’intérêt général. Cet espace Narbonne-Béziers figure d’ailleurs dans la carte d’aménagement européenne, qui le circonscrit comme une grappe urbaine en voie de constitution depuis pas mal d’années déjà". Quelques initiatives ont été "prises en ce sens, comme la mise en place d’une politique touristique dégageant certains pôles, dont celui de Massif de la Clape-Nissan"...














