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Édition du vendredi 9 mai 2008
AFP Sport
Le football français, avec notamment Platini et Zidane, est coutumier du fait, mais pour la première fois de son histoire le handball tricolore va perdre une star avec la retraite sportive du Réunionnais Jackson Richardson, samedi.
Jean-Pierre Clatot AFP/Archives

En perdant 'Black Jack' Richardson, le hand français perd son plus bel As




Le football français, avec notamment Platini et Zidane, est coutumier du fait, mais pour la première fois de son histoire le handball tricolore va perdre une star avec la retraite sportive du Réunionnais Jackson Richardson, samedi.

Affectueusement surnommé 'Black Jack', Richardson aura autant marqué son public par un inamovible sourire que par ses qualités de joueur, avec un style à la fois spectaculaire, acrobatique et aérien qui a profondément marqué la discipline depuis bientôt vingt ans.

"Par principe, je ne regarde jamais vers le passé. J'ai toujours fonctionné comme cela, c'est ma philosophie. Ce départ était prévu, je savais depuis longtemps que le 10 mai serait la date de mon dernier match", explique Richardson, qui fêtera ses 39 ans le 14 juin.

"Ce ne sera pas pour moi l'occasion de faire le bilan de vingt années de carrière. J'essaierai plutôt de savourer ces derniers moments avec Chambéry, de savourer mon dernier match", poursuit-il avec son calme habituel.

Difficile de croire pourtant que le plus célèbre handballeur français n'aura aucun de ses nombreux faits d'armes en tête au moment de ranger définitivement le pot de résine.

Deux titres mondiaux (1995, 2001), une médaille de bronze aux JO-1992 (première récompense de l'équipe de France dans une compétition internationale), de multiples trophées de clubs en France comme à l'étranger, un titre de meilleur joueur mondial en 1995, la liste est longue.

Mais Jackson Richardson, c'est plus qu'un palmarès. C'est d'abord un personnage. Tout comme Yannick Noah, ses dreadlocks virevoltantes et sa +cool attitude+, associées à de bons résultats sportifs, lui ont attiré la sympathie des amateurs de handball d'abord, puis des autres, notamment des médias.

La médiatisation a atteint son point d'orgue en 2004 lorsque Richardson a été choisi comme porte-drapeau de la délégation tricolore pour les JO-2004 à Athènes. Une forme de reconnaissance qu'il a acceptée, comme à son habitude, avec humilité.

Une allure de chanteur reggae, un nom qui frappe aux sonorités de vedette du sport US (un ancien président de la République s'y serait d'ailleurs trompé en s'adressant à lui en anglais après son titre mondial en 1995), un style de jeu unique...

Tous les ingrédients étaient là pour séduire le plus grand nombre malgré la relative confidentialité de la discipline en France et une carrière qui s'est déroulée presque pour moitié dans les championnats allemand puis espagnol.

Chambéry, c'est certain, sera la dernière étape pour Richardson et les siens. Après une saison 2007-2008 gâchée par une blessure à un genou, le papa des jeunes Melvyn et Ilana refuse de "faire l'année de trop".

"L'opération et la convalescence m'ont permis de passer plus de temps avec ma famille et d'avoir en moi la force d'accepter mon départ, confie Richardson. Pendant tout ce temps de récupération, j'ai vraiment réalisé ce que pouvait être mon après-handball, cela m'a vraiment facilité le fait de l'accepter."

"Je ne peux pas me permettre de changer d'avis à mon âge, estime-t-il. J'ai été au bout de mon objectif, il ne faut pas repousser de six mois ou deux ans. Si je prends une licence, ce n'est pas pour faire les choses à moitié. Je ne l'ai jamais fait."

Les adieux prononcés, Jackson Richardson pourra se lancer l'âme tranquille dans sa nouvelle vie, où l'attendent une collaboration avec un promoteur immobilier implanté sur son île natale et, pourquoi pas, un rôle à jouer dans les coulisses de son sport.

"Rien n'est exclu pour la suite", dit Richardson d'un air énigmatique. Si lui ne semble pas inquiet pour l'avenir, les amateurs de handball savent que derrière 'Black Jack', il va être très difficile de reprendre la main.

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