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Édition du vendredi 9 mai 2008
AFP Monde
Le goutte-à-goutte s'accélère: de plus en plus de cadres du parti démocrate se rangent dans le camp de Barack Obama, maintenant que sa victoire face à Hillary Clinton semble acquise dans la course à l'investiture pour la présidentielle américaine.
Mark Wilson AFP/Getty Images

Présidentielle américaine: de plus en plus de cadres démocrates rejoignent Obama




Le goutte-à-goutte s'accélère: de plus en plus de cadres du parti démocrate se rangent dans le camp de Barack Obama, maintenant que sa victoire face à Hillary Clinton semble acquise dans la course à l'investiture pour la présidentielle américaine.

La chaîne de télévision ABC et le New York Times ont même annoncé vendredi que pour la première fois, Barack Obama disposerait désormais du soutien de plus de "superdélégués", ces cadres et élus habilités à choisir librement leur candidat, que Mme Clinton. Début février, l'ex-Première dame avait dans son camp 90 superdélégués de plus que son adversaire.

Jusqu'à présent, ce réservoir de "superdélégués" était le seul indicateur où M. Obama n'apparaissait pas en tête - alors qu'en quatre mois de primaires, il a gagné dans un plus grand nombre d'Etats, obtenu plus de délégués élus dans ces Etats et une plus grande part du vote populaire, sans compter qu'il a raflé beaucoup plus de millions de dollars que l'ex-Première dame.

Vendredi, M. Obama a glané le soutien de sept "superdélégués" supplémentaires, y compris un parlementaire de l'Oregon (nord-ouest), un Etat où il compte définitivement asseoir sa victoire le 20 mai, et un élu du New Jersey (est) qui jusqu'à présent soutenait Mme Clinton.

Un influent syndicaliste, le président de la Fédération américaine des employés gouvernementaux (AFGE) John Gage, a expliqué à l'AFP que les membres de son syndicat avaient été "impressionnés par la vitalité, l'enthousiasme et le large appel de M. Obama", espérant qu'en annonçant son soutien il pousserait d'autres syndicats à s'engager pour le sénateur de l'Illinois.

Car de fait, même si les médias ont déjà enterré la candidature de Mme Clinton, aucun raz-de-marée n'a encore permis à M. Obama de crier victoire, en dépit de son apparition de rock-star jeudi dans la salle de séances de la Chambre des représentants.

Les personnalités les plus influentes du parti, la présidente de la Chambre Nancy Pelosi, le chef de la majorité au Sénat Harry Reid, l'ancien vice-président Al Gore, restent muets, comme s'ils voulaient éviter de siffler eux-même la fin de la partie. "Au fur et à mesure que se déroulent les primaires, un vainqueur émergera, et je ferai connaître mes vues", a dit Mme Pelosi.

L'ancien présidentiable John Edwards, très courtisé depuis qu'il a jeté l'éponge fin janvier, a été plus ambigu, semblant - sous réserve d'une prise de son défectueuse - déclarer sur la chaîne de télévision MSNBC qu'il avait voté mardi pour Barack Obama.

"Considérons simplement que Barack sera investi, car les choses vont dans cette direction", a-t-il précisé sur NBC.

Un parlementaire qui n'a pas encore fait son choix, Jason Altmire, a expliqué vendredi son dilemme: comment choisir entre la candidate qui a gagné dans sa circonscription en Pennsylvanie (est), et celui qui a remporté le plus de voix dans le pays ?

"Le plus important pour moi, c'est qu'il s'agit d'une élection nationale, et je veux soutenir la volonté du peuple", a-t-il déclaré sur MSNBC. "Je vais laisser à Mme Clinton la chance qu'elle mérite d'aller au bout du processus, et voir si elle peut rattraper" son retard, a-t-il ajouté, en prévoyant de ne se déclarer qu'après le 3 juin, le dernier jour des primaires.

Mais certains, comme le parlementaire Rahm Emanuel, qui fut le collaborateur de Bill Clinton, ont déjà prévenu qu'ils comptaient sur Mme Clinton pour ne pas donner de munitions aux républicains contre M. Obama.

Et le New York Times, le plus grand journal à avoir annoncé son soutien à l'ex-Première dame, a lancé un sévère avertissement: "Mme Clinton fera une faute terrible - envers elle-même, son parti, et le pays - si elle continue à pousser sa candidature avec une campagne négative aux troublants relents racistes".

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