Édition du jeudi 8 mai 2008
PERPIGNAN
D.R.
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La voltige de deux solitudes
Mardi soir, le Théâtre présentait dans la salle de la Casa Musicale "Ils préfèrent le canard, c'est normal", un spectacle entre cirque et théâtre où la parole et le silence étaient aussi importants que les acrobaties aériennes.
C 'est à un spectacle bourré de petites choses délicates et subtiles que l'on assistait mardi soir. Avec les ingrédients du nouveau cirque bien sûr, mais aussi plein de poésie, dans une forme théâtralisée.
Lui, porteur, clown lunaire, silencieux, poète, soumis et bricoleur. Elle, volubile, emportée par d'interminables monologues, dirigiste et exaltée. Ces deux solitudes ne se rencontrant que lors d'acrobaties de haut vol baignées dans un nuage de craie.
Cécile Yvinec et Jean Pelligrini font passer les sentiments et les émotions à coup de petits riens, un ballon rouge, une paire de chaussures, de la poudre de craie, une grimace, une oeillade. Et sans en avoir l'air, ils exécutent quelques numéros de voltige, avec un naturel déconcertant, comme la métaphore du quotidien de la vie de couple. La virtuosité se faisait oublier, c'est l'histoire de ces deux êtres n'arrivant pas à communiquer qui était au premier plan.
Un spectacle tout en nuances qui avait des résonances en chacun de nous, qui abordait des thèmes existentiels mais qui échappaient malheureusement au jeune public venu en nombre.
Le nouveau cirque a son propre langage et des univers où se croisent des expressions sortant de la piste classique.
J.M.C.
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