L'affrontement Clinton/Obama pourrait s'achever dans 2 à 6 semaines
Le marathon des primaires démocrates pour la présidentielle américaine pourrait s'achever dans deux à six semaines, selon les équipes de campagne de Barack Obama et de Hillary Clinton, même si les médias locaux ont déjà décrété la victoire du sénateur de l'Illinois.
M. Obama a expliqué qu'il pourrait se considérer le vainqueur officieux dès les primaires du 20 mai en Oregon (nord-ouest) et au Kentucky (centre-est), s'il obtient alors la majorité absolue des délégués du parti désignés lors de consultations électorales.
"Si à ce stade nous avons la majorité des délégués élus, ce qui est possible, alors je crois que nous aurons des arguments assez forts pour dire que nous avons gagné le plus (de consultations) et que c'est (la fin du match) et que nous avons gagné", a déclaré M. Obama à la chaîne de télévision NBC.
Le président de la campagne de Mme Clinton Terry McAuliffe a quant à lui indiqué qu'il s'attendait à ce qu'un candidat soit désigné d'ici à la mi-juin, sans attendre la convention nationale du parti, qui du 25 au 28 août devra techniquement désigner l'adversaire du républicain John McCain à la présidentielle du 4 novembre.
"Je ne vois pas ça durer jusqu'à la convention, nous aurons un candidat en juin", a-t-il dit sur la chaîne NBC.
Evoquant les cadres et élus du partis qui détiennent désormais la clé de l'investiture, M. McAuliffe a prédit que "les superdélégués vont réagir très vite, en l'espace d'une semaine ou deux après le 3 juin", la date des dernières consultations électorales au Montana (nord-ouest) et au Dakota du Sud (nord).
Mais les médias n'attendent pas: "Et le gagnant est...": en mettant Barack Obama en couverture, l'hebdomadaire Time a déjà couronné le sénateur de l'Illinois, analysant les "cinq fautes de Clinton" ayant entraîné son échec. Le magazine souligne en particulier l'erreur stratégique déjà dénoncée au lendemain du "super-mardi" de février: un accent quasi-exclusif sur les grands Etats comme la Californie et New York, aux dépens des petits Etats où Barack Obama a su s'imposer et cimenter son avance en termes de délégués du parti.
Mais bien loin de s'avouer vaincue, Hillary Clinton est immédiatement repartie en campagne après les primaires de l'Indiana et de Caroline du Nord, où le consensus médiatique estime qu'elle a perdu mardi sa dernière chance de remporter l'investiture démocrate.
En une journée jeudi elle devait faire étape en Virginie occidentale (est), appelée aux urnes mardi, et aussi dans l'Oregon et dans le Dakota du Sud.
Ses stratèges ont continué à afficher leur optimisme, démentant les rumeurs d'un trésor de campagne à vide, au lendemain de l'annonce que Mme Clinton avait puisé dans ses finances à trois reprises depuis le 11 avril.
"(Mercredi), des dizaines de milliers de gens sont allés sur (le site) HillaryClinton.com et ont donné de l'argent. Nous avons collecté plus (d'un million de dollars) hier, ils veulent que cette femme continue et se batte", a dit M. McAuliffe sur NBC.
Après une journée de répit chez lui à Chicago, M. Obama est revenu à Washington jeudi, où il s'est invité pour un bain de foule dans la salle de séances de la Chambre des représentants - à l'allure de "tour de stade victorieux", selon certains observateurs.
Il prévoyait de se rendre vendredi et samedi directement dans l'Oregon, un Etat progressiste où il escompte une nouvelle victoire, à la différence de la Virginie occidentale, petit Etat rural et blanc des Appalaches qu'il semble déjà concéder à Mme Clinton, et du Kentucky.
M. Obama est désormais crédité par le site indépendant RealClearPolitics de 1.850 délégués du parti, se rapprochant inexorablement des 2.025 nécessaires pour s'assurer de l'investiture, contre 1.696 pour Mme Clinton.














