Édition du mercredi 7 mai 2008
CINEMA
D.R.
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Les fantômes de Goya
Les fantômes de Goya
Le dernier film de Milos Forman est moins une biographie du peintre Francisco de Goya, qu'un film sur l'inquisition en Espagne à la fin du XVIII e siècle. D'où le titre de "Fantômes de Goya" proposé par son scénariste Jean-Claude Carrière.
« On voit le genre de démons qui se cachaient derrière sa créativité », dit le réalisateur de "Amadeus". L'envie de réaliser un tel film, lui était venue alors qu'il était étudiant à l'école de cinéma de Prague au milieu des années cinquante, ce qui paraissait impossible tant les parallèles avec la société communiste étaient évidents.
Le film est une représentation du système totalitaire, que le cinéaste de "Au feu les pompiers" avait fui après l'entrée des chars soviétiques à Prague en août 1968. « Les notions de fanatisme et d'extrémisme n'ont pas changé », ajoute Jean-Claude Carrière.
Un beau film d'époque, ce que Milos Forman accompli à la perfection, avec des acteurs (Stellan Skarsgard, Natalie Portman, Javier Bardem) surprenants dans des rôles où on ne les attend guère (Studio Canal).
Funny Games
Version originale allemande du film de Michael Haneke dont le réalisateur autrichien vient de sortir son propre remake américain.
Un film sur la représentation de la violence dans le cinéma, et dans lequel le spectateur qui va jusqu'au bout de l'horreur, se retrouve fatalement complice, parce que voyeur de ce qui paraît être un triple acte gratuit et sadique, voire est lui-même manipulé par les deux jeunes agresseurs. Où l'on voit que ce qui pourrait sauver les victimes, n'est pas tant le téléphone portable, d'ailleurs en panne, que la télécommande.
Sa majesté Minor
Une comédie mythologique réalisée par Jean-Jacques Annaud, entre la fable et la farce sur le pouvoir. Un film mauvais chic mauvais genre, mais à l'arrivée un flop mémorable au box-office.
Dans la nuit du temps et l'espace méditerranéen, Minor (José Garcia) est le fou du village, un simplet que l'on a relégué avec les cochons, au point qu'il en a pris le langage et certaines pratiques culturelles. Il trompe sa grosse truie en zieutant du haut d'un olivier la fille du chef. Il en perd l'équilibre et se tue... pour ressusciter peu après devant tout le village rassemblé. Mais c'est un autre homme, peut-être la réincarnation d'un dieu, allez savoir. Dans le doute, on en fait un roi, quitte à s'en débarrasser plus tard...
Ce film paillard, païen et jouissif mérite sans doute d'être redécouvert (Studio Canal).
R.P.
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