Santé : l'Ouest audois unanime pour exiger des équipements
Une IRM supplémentaire et un centre d'angioplastie à Carcassonne, des urgences à Castelnaudary et en Haute-Vallée, et la remédicalisation de lits au Pont-Vieux : telles sont les demandes formulées à l'Agence régionale de l'Hospitalisation.
L'Indépendant 17/03/2006
Les conférences sanitaires de territoire ont été instaurées il y a quelques mois pour permettre à l'administration de préparer les schémas d'organisation des soins (SROS). Et bien, l'administration ne va pas être déçue. Car les 40 élus politiques et professionnels de santé (public et privé confondus) qui composent la conférence sanitaire de l'Ouest audois (Carcassonne, Castelnaudary et Limoux) ont rendu ces jours derniers un avis défavorable à l'unanimité contre le SROS qui doit être officialisé le 31 mars par l'Agence régionale de l'hospitalisation du Languedoc-Roussillon. "Ce que nous demandons n'est pas démagogique", martèle le président de la conférence de l'Ouest audois, le maire de Castelnaudary Patrick Maugard, qui insiste sur le large consensus qui s'est fait jour dans l'instance : depuis Olivier Debay (clinique Montréal) jusqu'au directeur de l'AASM (psychiatrie), en passant par les hôpitaux publics et les médecins, tout le monde parle d'une même voix.
Eviter la fuite des patients
"On nous a demandé de travailler à une organisation optimale de l'offre de soins sur notre territoire", explique M. Maugard. "Nous avons d'abord établi le constat de l'existant, puis nous avons étudié, secteur par secteur, ce qu'il convenait d'améliorer. Tout cela dans l'objectif global que nous avait fixé l'ARH : éviter la fuite des patients de notre zone vers d'autres secteurs". Selon le président de la conférence sanitaire, beaucoup de choses ont été réalisées dans l'Aude afin de "proposer une offre de soins lisible et complémentaire, sécurisée et coordonnée, et qui laisse le libre choix au patient". "C'est la condition pour que s'instaure la confiance entre le patient et les offres de soins du territoire, et donc éviter les fuites vers Toulouse ou Montpellier lorsque ce n'est pas nécessaire" , renchérit Bernard Balza, vice-président.
A partir du travail de la conférence de l'Ouest audois, une sorte de "navette" s'est établie avec l'ARH à propos de chacune des demandes du territoire. Au final, les propositions de l'administration sont jugées insuffisantes par les élus et les professionnels de santé qui relèvent quatre points d'achoppement "très forts".
Les quatre exigences
D'abord, la demande de création d'un centre de coronarographie et d'angioplastie à l'hôpital de Carcassonne. Près de 1 000 patients migrent tous les ans vers Toulouse pour ce type d'examens ou d'intervention rapide qui concernent les problèmes cardiaques. Largement suffisant, selon la conférence, pour ouvrir un tel centre, qui avait déjà été refusé en 2003. "Mais cette fois, nous sommes tous unis pour le demander et nous pèserons plus fort", assure Patrick Maugard.
Ensuite, il apparaît indispensable de rouvrir les urgences du centre hospitalier de Castelnaudary, "et de faire une étude sur les besoins médicaux, notamment d'urgence, en Haute-Vallée". Autre exigence, l'installation d'une deuxième IRM fixe "afin de réduire les délais qui sont de 3 à 4 semaines contre les 15 jours que recommande le plan anti-cancer au niveau national". Enfin, il semble inévitable de "remédicaliser" une partie des lits au centre de séjour du Pont-Vieux, "qui accueille des personnes âgées très dépendantes".
En tout état de cause, si l'ARH ne revient pas sur ces points, pour l'instant refusés, la conférence demande que le futur SROS puisse faire l'objet d'une réévaluation tous les ans. Ce qui se comprend dans un département où la population change – et vieillit – assez vite.














