Maternité de l'hôpital de Carcassonne: il manque un anesthésiste pour les gardes
La maternité étant éloignée de l'hôpital, l'ARH constate en 2004 qu'un anesthésiste doit être d'astreinte en permanence pour les accouchements. La direction a demandé à de multiples reprises, à cette même ARH, de financer ce poste. Sans résultat.
L'Independant du 10/10/2007
C'est un peu le serpent qui se mord la queue. En août 2004, l'ARH (agence régionale de l'hospitalisation) constate qu'à l'hôpital de Carcassonne, en "raison de l'éloignement géographique du bloc obstétrical et du bloc central, une seule ligne d'astreinte opérationnelle d'anesthésie pour l'ensemble de l'hôpital n'est pas compatible avec les impératifs de sécurité sanitaire". Catherine Dardé, alors directrice de l'ARH, remarque même qu'"une ligne spécifique d'astreinte d'anesthésie devrait être créée pour la maternité". Elle donne donc un délai à l'hôpital pour prendre des dispositions.
A cette époque, la maternité de l'hôpital intègre celle de Castelnaudary qui vient de fermer et le poste d'anesthésiste nécessaire n'est même pas financé par l'ARH.
L'autorité de tutelle revient à la maternité le 15 novembre 2005 et relève "l'absence d'une ligne d'astreinte d'anesthésie spécifique à la maternité". En conséquence, elle ne déclare pas conforme l'activité de soins d'obstétrique.
Un point important qui est soulevé lors des conseils d'administrations qui suivent. Des demandes de financement pour ce poste sont faites à multiples reprises auprès... de l'ARH (qui est chargé de la répartition des budgets de l'Etat). Elles n'ont toujours pas abouti.
Conséquence aujourd'hui, à l'hôpital de Carcassonne, l'anesthésiste de garde doit "jongler" entre le bloc de la maternité et celui de l'hôpital, distant l'un de l'autre de dix bonnes minutes à pied. Une situation tendue et qui pourrait mettre en danger la vie des patients (lire encadré). Avec la fermeture de la maternité des Berceaux, l'activité de la maternité de l'hôpital a connu une nouvelle hausse.
En 2006, 1 915 accouchements avaient déjà été pratiqués à Carcassonne contre 1 186 en 2004 (Castelnaudary et Montréal fonctionnaient encore). On approche donc dangereusement du seuil des 2 000 accouchements par an. Un seuil qui ferait franchir un nouveau pallier dans le domaine des exigences sanitaires. A ce niveau-là, les normes exigent, en effet, la présence 24 heures sur 24 d'un pédiatre, d'un gynécologue et d'un anesthésiste. "Les négociations sont en cours avec l'agence régionale de l'hospitalisation" explique Bernard Nuytten, directeur de l'hôpital de Carcassonne qui admet qu'elles sont "difficiles mais pas désespérantes. Il faut reconnaître que nous sommes enfermés dans des contradictions. Nous avons toujours plus de normes de sécurité à appliquer mais pas les moyens financiers de le faire". Le prochain conseil d'administration est fixé au 25 octobre. Selon nos informations, il y sera largement question du budget de l'hôpital et, même éventuellement d'un plan de retour à l'équilibre. Lorsqu'on sait que 70 % du budget est constitué de frais de personnel, on est en droit de s'inquiéter sur le maintien de l'ensemble des services...
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Nous avons contacté à ce sujet, l'ARH Languedoc-Roussillon qui n'a pas donné suite à nos sollicitations














