Les hôpitaux de proximité menacés par le libéralisme
Le député-maire de Limoux Jean-Paul Dupré, et son collègue (PS) de la Nièvre Christian Paul vont demander un moratoire sur l'avenir des hôpitaux publics.
L'Indépendant 22/09/2007
Le 18 septembre, à Paris, Jean-Paul Dupré, le député-maire de Limoux, et Christian Paul, son collègue PS de la Nièvre, ont organisé une réunion préparatoire à laquelle participaient une quarantaine de personnes, dont plusieurs membres du secteur médical. L'objectif ? Peaufiner le programme d'une future table ronde qui devrait se tenir en novembre, à Paris, avec pour thème "la défense des hôpitaux de proximité". "On souhaite que les élus y participent, bien sûr, de même que des syndicalistes, des représentants des pouvoirs publics et bien sûr des médecins, des chirurgiens, des infirmiers...", précise Jean-Paul Dupré : "C'est un dossier d'importance nationale. On constate que la stratégie hospitalière est uniquement budgétaire et ne se préoccupe plus de la santé des patients. Beaucoup d'hôpitaux de proximité sont menacés : quand un plateau maternité disparaît, celui de la chirurgie suit. C'est l'effet domino. Il joue d'ailleurs dans les deux sens".
Favoriser les villes
Rappelons que les hôpitaux de proximité comprennent les petits hôpitaux généraux (chirurgie, maternité) et les hôpitaux locaux (moyens et longs séjours, rééducation fonctionnelle). Jean-Paul Dupré cite des exemples de structures menacées : "Le centre de rééducation de Cerbères doit être rapatrié sur la zone Perpignan- Saint-Estève, et l'hôpital de Lannemezan (ville de cinq mille habitants) sur Tarbes.
Il y a d'autres cas. Il est plus que temps de stopper cette mécanique ultralibérale. Lors de la table ronde, nous demanderons un moratoire sur l'avenir des hôpitaux publics".
L'un des arguments avancés pour supprimer un hôpital de proximité est la sécurité des patients par rapport à l'acte chirurgical. Le député sourit : "A titre indicatif, signalons que pour être un bon chirurgien, il faut pratiquer souvent. Or, c'est dans les hôpitaux de proximité que les interventions sont les plus fréquentes. En fait les critiques contre ces types d'hôpitaux relèvent d'une campagne de dénigrement. Derrière, on veut favoriser les villes. Globalement, on assiste d'ailleurs à un exode rural des services publics, alors que de plus en plus de gens viennent habiter la campagne".
La demande de moratoire sera-t-elle efficiente ? Jean-Paul Dupré a bon espoir. "Evidemment, les élus de tous bords sont invités à défendre les petits hôpitaux. Cela dit, quand la maternité de Castelnaudary était menacée, les élus de droite sont restés silencieux, de même que pour la fermeture de la maternité, à la polyclinique Montréal. A Limoux, quand il a fallu défendre le commissariat, la droite, là non plus, ne nous a pas soutenus ". La philosophie générale de tout cela pourrait se résumer à une galéjade kafkaïenne ou courtelinesque revue par Jules Renard et Alphonse Allais : en suivant jusqu'au bout la logique de l'ultralibéralisme, il faudrait installer les petites villes dans les grandes villes... Cette tendance prendra-t-elle un jour une Très Grande Vitesse ?














