Le prix de l'or blanc : un euro le m3 de neige de culture
1 320 canons : c'est grâce à leur artillerie lourde que les 9 stations des "Neiges Catalanes" ont pu affronter une saison qui s'annonçait trop sèche et trop douce. Mais cette pénurie a un coût : 1 E le m3.
L'Indépendant du 13/02/2007
Sans les canons, il n'y aurait pas de saison hivernale, donc pas de retombées économiques..." explique Christian Blanc, président des "Neiges Catalanes", association qui regroupe les 9 stations des P.-O. Toutefois, la consommation en eau reste énorme et "Il faut prendre garde à respecter les équilibres environnementaux..." souligne le conseiller général, maire des Angles qui, à ces deux derniers titres, vient d'écrire au préfet afin d'organiser une "Véritable réunion de travail pour définir en collaboration avec la DDA, l'Agence de l'Eau, les mouvements écologistes et les partenaires économiques, une politique de l'eau sur les 20 ans à venir..."
700 000 m3 d'eau
La baisse inquiétante des réserves, due à un hiver trop doux et trop sec, a fait apparaître le problème.
Les 9 stations consomment environ 700 000 m3 d'eau, (dont 200 000 pour la station des Angles et 200 000 pour Font-Romeu), afin de fabriquer quelque 1,4 million de m3 de neige de culture. En incluant le coût de l'énergie, le fonctionnement des usines à neige, la mise en place et l'entretien des canons, les frais de personnel etc. le M3 de neige revient aux environs de 1 euro. "Ce coût se répercute évidemment sur les frais de fonctionnement de chaque station..." commente Jérôme Meunier, directeur de station aux Angles. "Toutefois ils sont inévitables car, quand il n'y a pas de neige du tout, sans les canons, il n'y aurait pas de saison hivernale..." complète Christian Blanc qui reprend : "L'eau utilisée pour les canons est restituée sur les bassins versants..." Traduisez : cette eau, stockée à l'automne dans des réservoirs d'altitude, puis transformée en neige pendant l'hiver, reviendra au printemps dans les cours d'eau inférieurs avant de se retrouver dans le barrage de Vinça. "En fait les canons à neige ne font qu'emprunter une eau en période de plein étiage, avant de la rendre au printemps...." explique Jérôme Meunier, directeur de station. "Et ce, sans apport chimique..." En effet, l'usage du Snomax, produit censé favoriser la solidification de l'eau, a été abandonné depuis une décennie. Bien que son innocuité ait été démontrée par une étude franco-italienne conduite par le CEMAGREF et l'université de Turin, son rendement (coût / efficacité) était dérisoire. Il fait remarquer de surcroît que cette consommation est équivalente à la seule réalimentation des piscines publiques et privées qui, elle, rejettent purement et simplement leur eau dans le réseau.
Moins 3°
Côté consommation d'eau, chaque usine de neige de culture possède ses propres réservoirs indépendants des réserves domestiques. Côté consommation d'énergie, on constate que les 108 millions de kw / h nécessaire (au niveau national) pour le pompage et l'alimentation des canons et la fabrication de neige, représentent 0,023 % de la consommation d'électricité, ou encore 0,15 % de la production des centrales hydroélectriques dont la plupart sont situées en zone de montagne.
Reste que pour fabriquer de la neige de culture il faut une température inférieure à 3°. Et c'est là que le vrai problème écologique intervient car le réchauffement quasi inéluctable de la planète a, entre autres effets collatéraux, totalement modifié le fonctionnement des stations de sports d'hiver.















