Édition du mardi 13 novembre 2007
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Une ferme photovoltaïque en prévision pour "l'indépendance énergétique"
Plus de 80 000 mètres carrés de capteurs solaires regroupés sur une vingtaine d'hectares aux portes de Narbonne, c'est le projet sur lequel la Ville travaille depuis plus d'un an. Ce dispositif permettrait de produire l'électricité nécessaire aux bâtiments communaux et à l'éclairage public.
L'Indépendant du 01/04/2007
Narbonne possède deux ressources naturelles inépuisables : le vent et le soleil. Les éoliennes poussent loin des zones urbanisées. Le solaire, lui, s'insinue de plus en plus dans les villes et sur les maisons. Il peut également s'implanter en plein champ, et c'est justement l'idée qu'a développée la Ville à travers le projet d'une ferme photovoltaïque.
De toute façon, l'éolien ne pouvait pas se marier aux contraintes narbonnaises : préjudice visuel à l'ensemble monumental du Palais des Archevêques et de la cathédrale Saint-Just, équilibre du paysage à préserver, collines environnantes classées ou protégées. D'où une orientation des études vers le solaire.
Sur 20 hectares
Rapidement, la réflexion a porté sur une opération de masse plutôt que sur un saupoudrage d'équipements, dans l'optique d'une meilleure rentabilité notamment. L'objectif de la Ville étant, dans le cadre du développement durable, de réaliser une indépendance énergétique par des énergies renouvelables, un niveau de production d'électricité a été établi. Il correspond à la consommation annuelle des bâtiments communaux et de l'éclairage public, soit 12 millions de kw.
Or, pour générer cette énergie, il faut un peu plus de 80 000 mètres carrés de capteurs solaires, exactement 80 910. Le projet de ferme photovoltaïque a suivi, avec l'avis de différents spécialistes, consultés depuis plusieurs mois. La surface de terrain indispensable à une telle installation atteint les 20 hectares. Aux portes de Narbonne, il existe justement une basse plaine, inconstructible, qui est toute destinée à une telle implantation. Ce terrain jouxte, qui plus est, le poste électrique de Livières. Un intérêt supplémentaire, les pertes énergétiques dues au transport étant de ce fait réduites et le poste source (qui alimente aussi Cuxac et Coursan) étant situé à quelques centaines de mètres à peine.
En outre, l'emplacement n'entraînera pas de surcoût de génie civil (route d'accès, fondations), de connexion au réseau EDF, ni de coût environnemental.
Investissement "éco-citoyen"
La ferme photovoltaïque de Narbonne sera la plus grande de France, la troisième sur le plan européen. Son financement intégrera à la fois des banques, d'éventuels privés, la Ville et des aides attendues au niveau de l'Etat, de la Région, voire du Département. Le coût est estimé à environ 50 millions d'euros. Avec des subventions à hauteur de 30 % et la vente d'électricité à 0,3 euro le kw, le temps de retour serait de 20 ans.
La production d'énergie ne sera pas l'unique atout d'une telle réalisation. Cette ferme rayonnera en effet par la place qu'elle occupera dans une ville de référence en matière de développement durable. L'innovation ne sera pas que du côté des installations, puisque la possibilité d'ouvrir à des investissements "éco-citoyens" est envisagée. Etre propriétaire d'un panneau photovoltaïque, l'engagement serait inédit. A ce jour, l'étude de faisabilité est largement amorcée.
Grâce à la ferme photovoltaïque, le soleil de Narbonne aura un prix. Ou plutôt, il participera activement à la vie de la cité. Plus seulement en séduisant les touristes et les visiteurs de passage, plus seulement en accordant une qualité d'existence aux autochtones, mais en créant de la ressource, de l'énergie. Naturellement.
J.-P. Ch.
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