Édition du lundi 12 novembre 2007
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En Lauragais, l'éolien paysan a le vent en poupe
Le comité de développement agricole (CDA) de l'Ouest audois va expérimenter l'implantation de petites éoliennes sur des exploitations du Lauragais.
L'Indépendant du 03/10/2007
A quelques jours de l'ouverture du Grenelle de l'environnement et alors que les énergies renouvelables sont de plus en plus d'actualité, le comité "petit éolien paysan" initié depuis quelques mois par le Comité de développement agricole (CDA) de l'Ouest audois entre dans sa phase concrète. L'idée était de permettre aux exploitants agricoles d'utiliser une partie de leur foncier à autre chose que des cultures. Pourquoi ne pas mettre de petites éoliennes produisant de l'électricité qu'ils pourraient utiliser directement et basculer le surplus dans le réseau ? En collaboration avec les deux coopératives de la région, le GCO et Audecoop, deux sites pilotes vont prochainement être équipés. Et déjà ce sont 47 agriculteurs du Lauragais et du Razès qui sont intéressés par cette diversification de leur exploitation.
De 10 à 36 kilowatts.
"Il s'agit d'installations pouvant produire une puissance de 10 à 36 kilowatts avec des éoliennes à trois pales de 20 à 30 mètres de haut", explique Christophe Bonnemort, coordonnateur du CDA. "Dans un premier temps, nous avons posé un mat de mesure, sur le site de Malbuissou du GCO, pour mesurer la force et la régularité du vent. Pour que l'opération soit rentable, il faut un minimum de 2000 heures à 6 mètres / seconde." Le Lauragais, réputé pour ses vents, est très certainement un territoire favorable. Ce mat va quand même effectuer des mesures durant 3 à 6 mois. La deuxième phase verra l'installation de 4 à 6 éoliennes sur les deux sites (celui de Audecoop sera à Alzonne, à Bonanza). L'occasion de tester les nombreuses marques présentes sur le marché. Car ce programme a un coût et n'est pas encore finalisé à 100 %. Si la région apporte une aide de 25 % du coût des installations, l'investissement sera quand même de 50 000 à 80 000 euros en fonction de la puissance.
Sécuriser le réseau.
L'opération est conditionnée au prix de rachat de l'électricité. Les négociations sont en cours. "Il semble plus intéressant de revendre l'énergie produite à des groupes industriels s'engageant à racheter de l'énergie verte", souligne Christophe Bonnemort. Mais là aussi les études et réflexions sont en cours. Reste que cette diversification des agriculteurs n'est qu'un retour en arrière. Il n'y pas si longtemps que cela, des éoliennes étaient implantées un peu partout dans la campagne, notamment pour pomper de l'eau. Les dimensions réduites des machines ne nécessiteront pas d'études d'impact et ces fournisseurs supplémentaires auront de plus l'avantage de sécuriser le réseau électrique, notamment en bout de ligne. Le comité de pilotage a déjà détaillé les exigences financières pour un retour sur investissement en une dizaine d'années. Une équation tout à fait réaliste car du vent, il n'en manquera jamais en Lauragais...
M. Li.
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