Édition du lundi 17 septembre 2007
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48 chèvres tuées à Estagel : "Ce sont des griffures de canidés"
Un agent technique de la chasse et de la faune sauvage a effectué une expertise de l'attaque des bêtes, tuées dans des conditions inexpliquées à Estagel voilà dix jours. Selon ses constatations, l'hypothèse d'un chien est la plus probable.
Voilà près de deux semaines, dans la bergerie du Mont Saint-Vincent à Estagel, 48 chèvres étaient retrouvées mortes de façon totalement inexpliquée. Lacérées aux flancs par de grandes marques de griffes ou, pour la plupart, étouffées dans l'affolement. Alain Bataille, agent technicien à l'office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), a effectué une expertise de l'attaque à Estagel et nous livre ses réponses techniques.
Comment avez-vous procédé ?
"D'abord, les griffures relevées sur le flanc des bêtes ont été faites par un animal, c'est sûr. Après, on a essayé d'écarter les prédateurs sauvages. Il ne s'agit pas d'un félin, rien dans les blessures ne correspond à cet animal. Et nous pouvons aussi écarter l'ours. Ce n'est pas un loup non plus. Il attaque à la gorge et il n'y a aucune trace de morsure."
Un blaireau ?
"Non. A part ses pattes qui peuvent faire penser à l'ours, il se nourrit d'oeufs, de baies et de raisins."
Alors, qu'est-ce que c'est ?
"Ça ressemble exactement à des griffes de canidés. Pas très acérées, qui ne traversent pas la peau. Les chèvres portaient des plaies superficielles. Oui, les griffes peuvent très bien être celles d'un chien. C'est l'hypothèse la plus probable. Mais le chien fait des petites morsures aux pattes ou sur les côtés.
Pourquoi n'a-t-il pas mordu cette fois-là ?
Je n'ai pas de réponse. Y a-t-il une intervention humaine ? Une muselière ? C'est l'enquête de gendarmerie qui le déterminera."
Y a-t-il d'autres éléments pour étayer cette hypothèse ?
"La propriété était fermée. Il y a une partie où le grillage est haut de 2 mètres, l'autre où il est plus bas mais longé par la garrigue. Un animal n'a pas pu passer au-dessus. Un félin aurait pu sauter mais il serait difficilement ressorti. Après, on a un bout de grillage qui a été soulevé et une deuxième marque de griffe au sol. Cette empreinte mesure 33 cm de long et montre 5 traces de griffes espacées de 3 cm chacune. Ça pourrait être un ours mais c'est trop régulier et les griffes sont parfaitement parallèles. Cette griffure-là a soit été faite par un homme, soit par un objet qui a été laissé par terre. L'ouverture dans la clôture est trop petite. Ce n'est pas le passage d'un ours et les seuls poils qui ont été retrouvés sur le grillage sont ceux des chèvres."
Deux personnes auraient aperçu une bête vers Pézilla-la-Rivière. Y a-t-il un lien selon vous ?
"Nous avons eu deux témoignages d'observations visuelles. Le 22 février et le 8 mars, soit avant l'affaire d'Estagel. Le premier a décrit un animal qui ne pouvait être qu'un tamanoir (1). Un gros animal avec un pelage ras très clair. Pour moi, il doit s'agir plutôt d'un sanglier qui était de dos ou plutôt d'une laie qui a un moment donné peut avoir un nez très long. C'était peut-être un fourmilier. Peut-être... Mais le deuxième a vu un gros animal de 70 à 80 kilos de couleur feu avec des poils. Cela ne correspond pas. A mon sens, il y a une erreur d'identification. Ce n'est pas très fréquent un tamanoir dans le département et qui serait allé de Pézilla à Estagel. D'autant que cet animal à ma connaissance n'a aucune raison de s'attaquer aux chèvres. Il mange des fourmis..."
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1) Fourmillier pouvant atteindre 2 m. de long doté de grosses griffes qui vit en Amérique du Sud.
L'Indépendant du 28/03/2007
Laure Moysset
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