Édition du mardi 21 août 2007
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Perpignan cherche à comprendre les raisons de ce revirement
Le maire de Perpignan, Jean-Paul Alduy, comme beaucoup de responsables politiques et économiques des deux côtés de la frontière, cherche avant tout à compléter son information sur les conséquences de la décision annoncée par le secrétaire d'Etat espagnol aux Infrastructures.
En effet, le communiqué gouvernemental ne comporte aucun commentaire sur la liaison avec la France : "J'ai demandé rendez-vous au conseller (NDLR : ministre du gouvernement régional catalan) d'Industrie de la Generalitat pour avoir des éclaircissements sur un certain nombre de points et tenter de comprendre quelles sont les solutions pour exploiter un tunnel qui sera opérationnel au début de 2009". Le maire de Perpignan, qui est ingénieur, souligne que "l'acte majeur de cette ligne, c'est quand même la traversée des Pyrénées. Aujourd'hui, on met 2 h 12 pour aller en train de Perpignan à Figueres, alors qu'avec le tunnel, le trajet se réduira à quelques minutes". C'est d'ailleurs pour gagner du temps que Salvador Dali venait prendre le train à Perpignan et que de nombreux Roussillonnais vont à Figueres prendre le train pour Barcelone. Si on ne réagissait pas, la situation pourrait prendre une tournure surréaliste qu'évoque le maire de Perpignan :"On ne peut pas imaginer qu'un investissement aussi coûteux (1,3 milliard d'euros au total) reste inutilisé pendant 3 ans !"
Compte à rebours
Jean-Paul Alduy compte donc sur les solutions mises au point par les ingénieurs espagnols comme le 3e rail ou les trains à changement d'écartement d'essieux, pour permettre un trafic supplémentaire dans la gare de Perpignan en 2009. En effet, les travaux vont bon train pour achever une série de réalisations qui sont en train de transformer complètement le quartier de la Gare. L'Etat a investi 210 millions d'euros sous maîtrise d'oeuvre de Réseau ferré de France, pour réaliser les installations terminales permettant de relier la ligne nouvelle à la gare actuelle. Les collectivités locales investissent aussi dans le secteur où s'élèvera l'hôtel de l'agglomération et la nouvelle gare routière, tandis qu'une entreprise privée barcelonaise, Sacresa, s'implique dans un important centre de services. Tout le monde peut voir que les travaux avancent rapidement et que tout sera prêt pour la mise en service des 44 km de ligne entre Perpignan et Figueres le 17 février 2009, date dont le compte à rebours s'égrène sur la façade du Castillet. Ce jour-là, tout le monde attendait jusqu'ici l'arrivée d'un TGV espagnol qui porte le beau nom d'AVE, acronyme de Alta Velocidad Española. Un mot qui signifie aussi "oiseau". Pour que les Perpignanais puissent le saluer d'un "Ave TGV" il faudra que le troisième rail soit posé sur la ligne à écartement ibérique entre Barcelone et Figueres. Sinon, ils se contenteront d'un Alvia, joker de la technologie espagnole.
Une autre grande réalisation moins connue est l'extension du chantier de transport combiné de Saint-Charles où on transborde des conteneurs sur des wagons ou des camions. On compte beaucoup sur le fret du port de Barcelone pour développer son activité. Mais les incertitudes sur l'acheminement vers le Nord par voie ferrée des milliers de conteneurs débarqués sur les quais de la capitale catalane pèsent sur la rentabilisation de ce grand équipement logistique.
Il faudra donc que toutes les énergies poussent dans la même direction pour sortir le TGV de l'ornière.
B. R. (L'Indépendant du 13/06/2007)
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10/09/2007 à 18h43 | claudie
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